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Jacques Wullschleger
écrit le 02.04.2013


Flavio Turelli (ancien boxeur): un homme attachant dans la galère

La vie de Flavio Turelli est un combat et celui-ci n’est pas prêt de se terminer. Depuis tout gamin, le citoyen de la Riviera a appris à encaisser des coups; durs dans un premier temps, puis sur un ring où  il n’a jamais gagné sa vie, un terrain sur lequel peu de gens se rendent,  lieu ceinturé de cordes, qui lui a permis de canaliser toute son énergie, de ne pas tomber dans le monde d’en bas et d’y rester.

On n’a pas dit succomber.

Portrait

A l’image de nombreux boxeurs qui ont pratiqué ce sport par passion, ou par hobby, Flavio Turelli  est un homme très attachant qui, depuis qu’il est sur la  terre, se bat contre vents et marrées – si seulement il était navigateur, il échapperait aux griffes menaçants  les terriens partout -, contre le sort, contre tout. Pour s’en sortir, devenir autonome.  Pour ne plus rien devoir à personne.

Dans le désordre et la nuit, Flavio Turelli a un demi-frère et une demi-sœur. Il a fréquenté l’Ecole catholique  à Montreux. «Ma professeure, c’était Sœur Verena. Elle n’était pas très sympa. Avec     une règle, elle nous tapait sur les doigts», se souvient le Vaudois,  sourire aux lèvres aujourd’hui. Quand il avait 6-7 ans ses parents se sont séparés et il s’est retrouvé dans une famille d’accueil à Prilly, ville où il est allé à l’école.  « A 12 ans, mon papa est venu me chercher. Il avait reconstitué      la famille. » A Montreux il est à l’Ecole secondaire. Encore ballotté, il ira poser aussi ses affaires à l’Ecole de Clarens.

A 14 ans, il perd ses parents. Sa maman se suicide. Plus tard, c’est son père qui s’en va, victime   d’une grave maladie. Flavio Turelli est placé dans un homme d’accueil à Lausanne. «C’était une solution de premier secours.  Là, j’ai fait la connaissance d’un jeune voyou, qui était ramoneur.  J’étais comme fasciné par lui et par ce qu’il faisait. Alors je me suis dit : Flavio, pourquoi pas toi  aussi ? » A 15 ans, il entreprend un stage d’une semaine à Vevey. « ça m’a tout de suite plu. J’ai bossé comme un fou. J’oubliais mes soucis. »

Flavio Turelli est au bénéfice du CFC de ramoneur. Un métier qu’il exerça durant environ 20 ans.  Avec passion. Il gagnait bien sa vie. Mais un grave accident de ski mit fin à l’amour qu’il portait à    cette profession. «J’ai subi une opération au genou gauche – ligaments croisés antérieurs atteints -  et une  tumeur s’est développée au genou droit. Cette articulation étant extrêmement sollicitée quand  tu es ramoneur, j’ai été contraint, la mort dans l’âme, d’arrêter le métier, car j’avais dans l’idée de faire la maîtrise fédérale. »

Le croque-mort

Pour se faire quelques sous et rembourser ce qu’il doit aux autres – gros soucis touchant sa vie privée -, Flavio Turelli, père dans la vie, est encore auxiliaire aux Pompes Funèbres Générales. « Je suis croque-mort. » Son regard bleu rougit. «Mon papa n’était pas beau mais quand je l’ai vu  mort, je l’ai trouvé apaisé et très beau. Il avait été bien préparé, il méritait bien ça lui qui s’était   aussi préparé à ne plus être de ce monde. »

Flavio Turelli soutient les familles. « J’aime cette proximité avec les gens qui sont dans la peine, qui vivent une grande tristesse. Parce que j’ai connu ça, je partage leur douleur. Je les soutiens. Moi aussi, j’accorde une grande importance à la préparation du défunt ; je le coiffe, je l’habille,    j’entreprends toute sorte de choses pour qu’il soit beau. Je veux qu’il soit aussi beau que mon papa. Dans ma vie, j’ai appris l’acceptation. La vie est dure dans ces moments-là ;  l’autre l’est également mais différemment, c’est vrai.  Je sais de quoi je parle mais il faut savoir relativiser si on se dit qu’ailleurs, c’est souvent bien pire. »

Palmarès

Flavio Turelli est né le 1er septembre 1975 à Vevey

Sa carrière pugilistique a duré de 1995 à 2012. Premier combat : à 20 ans. Pro de 2004 à 2012

Statistiques : 18 combats, 10 victoires, 2 nuls, 6 perdus.

Il est champion de suisse pro des superwelters. Victoire aux points contre Disarjot Gashi (boxeur albanais résidant au Tessin),  le 13 novembre 2010 à Montreux.

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Liens supplémentaires

http://www.dailymotion.com/video/xs1mg8_2012-07-07-tony-harrison-vs-flavio-turelli_sport#.UVFmVrnzljo

http://www.youtube.com/watch?v=0csDnokh3rA


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Jacques Wullschleger

 

Un fou de sport. Et le mot est faible. Jacques Wullschleger  a consacré sa carrière au journalisme sportif, d’abord pour la «Feuille d’avis de Lausanne» (devenue «24 heures») dès 1972, puis au «Matin» dès 1984. Son palmarès parle pour lui: plusieurs Coupes du monde de football, des Tours de Romandie et d’innombrables championnats de hockey, tennis, natation, patinage artistique… Au final, des milliers d’articles, mais aussi des événements et des rencontres qui ont marqué l’homme.

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